Doulas demandées chez Médecins du Monde

12699286_10154786665892316_1011608740_oVendredi dernier, j’ai eu la chance de rencontrer, ainsi que 13 autres doulas, deux intervenantes de Médecins du Monde Canada (MdM Canada). Cette intervenante sociale ainsi que sa collègue, infirmière, sont sur le terrain, notamment auprès des migrantes enceintes. 12736633_10154786667647316_1065824090_oEn effet, pour des raisons très différentes, de plus en plus de femmes enceintes sollicitent MdM alors qu’elles sont en processus pour une reconnaissance et la délivrance d’un statut au Canada, statut qui leur permettra de travailler et… d’avoir droit à une couverture médicale. 12752275_10154786667312316_1296005693_o

Pendant ces deux heures de rencontre, riches en échanges et discussions, j’ai appris qu’une doula pouvait vraiment faire la différence en prénatal ET pendant l’accouchement. Et là, je ne parle pas que pour la maman, je pense aussi au papa qui, lui aussi, vit tout plein d’émotions en plus d’accueillir son enfant dans un contexte qui n’est peut-être pas celui dont il aurait rêvé. La doula vient prendre le temps, informer et écouter ces femmes, ces familles qui vivent éloignées le plus souvent des leurs, de leurs racines. Elle vient rassurer ces personnes qui viennent d’une autre culture, leur expliquer les pratiques locales, le pourquoi du comment ça marche ici. L’accompagnante à la naissance vient aussi, tout simplement, échanger avec ces familles sur la naissance, ce qui les attend et comment cela peut peut-être se passer… ou pas! Une réalité à côté de laquelle il est impossible de passer pour ces mamans-là, ce sont les frais qu’elles doivent payer pour avoir un suivi en prénatal et pour l’accouchement lui-même, voire pour les soins en post-natal. Ici aussi la doula peut-être une alliée de taille pour aborder ce sujet pendant l’accouchement et discuter avec les intervenants à payer sur place. Parce que oui, ces femmes doivent financer de leurs poches chaque intervention dont elles vont avoir besoin au moment de l’accouchement. Et comme beaucoup de facteurs entrent en jeu, notamment le professionnel de la santé lui-même, il n’est pas possible de régler la question avant le jour J. Pour faire baisser le facteur stress (antagoniste de l’accouchement), la doula a donc vraiment un rôle à jouer auprès de ces mères migrantes à statut précaire. En postnatal également, l’accompagnante à la naissance a une présence rassurante, elle réfère vers les ressources appropriées, lorsque possible, selon les difficultés rencontrées (allaitement, soins au bébé, à la mère, etc.). Une consultante en lactation (IBCLC) ainsi que deux ostéo et massothérapeuthes étaient présentes également pour offrir leur expertise bénévolement.

12528585_10154786667877316_762675856_oUne fois toutes les deux semaines, une doula est présente aux rencontres pour femmes enceintes qu’organise l’équipe de MdM Canada, une nutritionniste du Dispensaire Diététique de Montréal est là en plus d’une infirmière, d’une intervenante sociale, d’un médecin et d’une maman qui a été épaulée par MdM Canada et une doula. Jusqu’à maintenant, l’équipe de MdM faisait appel à Montréal Birth Companions pour les doulas, mais cet organisme est depuis récemment très sollicité. Il faut donc élargir les sources et ressources afin que toutes les mamans qui le désirent puissent avoir une doula à leurs côtés ;-). Les doulas qui le souhaitent peuvent s’inscrire sur la liste des bénévoles de MdM Canada, signer le contrat en s’engageant à respecter le code d’éthique… si lorsqu’une accompagnante est appelée celle-ci ne peut finalement pas offrir de suivi, aucun reproche ne lui sera fait, chacune fait ce qu’elle peut en fonction de ses disponibilités, Rachel et Sarah ont bien insisté là-dessus. Pour le moment, elles se chargeront de créer des équipes de deux doulas afin d’avoir toujours une relève en cas d’impossibilité majeure le jourJ.

Cette cause, des femmes enceintes qui n’ont pas forcément un réseau social très développé, qui ne parlent peut-être aisément bien le français ou l’anglais, qui vivent parfois dans la peur, l’angoisse de ne pas voir aboutir favorablement leur démarche, etc., ces femmes, elles font toutes vibrer une corde dans mon coeur. J’ai moi-même immigré, j’ai habité au Japon et, la barrière de la langue je connais ça, j’ai attendu très impatiemment des nouvelles du facteur pour connaître la réponse du CIC quand j’avais fait ma demande de résidence permanente, et j’ai porté la vie… deux fois. Et chaque grossesse, parce qu’elle est unique, vient réveiller des peurs, des angoisses qui ont besoin d’être apaisées. Alors, heureuse Canadienne désormais et doula de surcroît, j’ai tout naturellement eu envie d’en savoir plus sur le rôle que je pouvais jouer de façon encore plus spécifique pour ces femmes qui attendent leur bébé, pour ces familles qui naissent ou s’agrandissent.

 

Je suis très touchée que 10 doulas aient pris le chemin du Centre Pleine lune lundi soir dernier pour, elles aussi, rencontrer Rachel et se porter bénévoles… la vague continue!

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