0

Doulas demandées chez Médecins du Monde

12699286_10154786665892316_1011608740_oVendredi dernier, j’ai eu la chance de rencontrer, ainsi que 13 autres doulas, deux intervenantes de Médecins du Monde Canada (MdM Canada). Cette intervenante sociale ainsi que sa collègue, infirmière, sont sur le terrain, notamment auprès des migrantes enceintes. 12736633_10154786667647316_1065824090_oEn effet, pour des raisons très différentes, de plus en plus de femmes enceintes sollicitent MdM alors qu’elles sont en processus pour une reconnaissance et la délivrance d’un statut au Canada, statut qui leur permettra de travailler et… d’avoir droit à une couverture médicale. 12752275_10154786667312316_1296005693_o

Pendant ces deux heures de rencontre, riches en échanges et discussions, j’ai appris qu’une doula pouvait vraiment faire la différence en prénatal ET pendant l’accouchement. Et là, je ne parle pas que pour la maman, je pense aussi au papa qui, lui aussi, vit tout plein d’émotions en plus d’accueillir son enfant dans un contexte qui n’est peut-être pas celui dont il aurait rêvé. La doula vient prendre le temps, informer et écouter ces femmes, ces familles qui vivent éloignées le plus souvent des leurs, de leurs racines. Elle vient rassurer ces personnes qui viennent d’une autre culture, leur expliquer les pratiques locales, le pourquoi du comment ça marche ici. L’accompagnante à la naissance vient aussi, tout simplement, échanger avec ces familles sur la naissance, ce qui les attend et comment cela peut peut-être se passer… ou pas! Une réalité à côté de laquelle il est impossible de passer pour ces mamans-là, ce sont les frais qu’elles doivent payer pour avoir un suivi en prénatal et pour l’accouchement lui-même, voire pour les soins en post-natal. Ici aussi la doula peut-être une alliée de taille pour aborder ce sujet pendant l’accouchement et discuter avec les intervenants à payer sur place. Parce que oui, ces femmes doivent financer de leurs poches chaque intervention dont elles vont avoir besoin au moment de l’accouchement. Et comme beaucoup de facteurs entrent en jeu, notamment le professionnel de la santé lui-même, il n’est pas possible de régler la question avant le jour J. Pour faire baisser le facteur stress (antagoniste de l’accouchement), la doula a donc vraiment un rôle à jouer auprès de ces mères migrantes à statut précaire. En postnatal également, l’accompagnante à la naissance a une présence rassurante, elle réfère vers les ressources appropriées, lorsque possible, selon les difficultés rencontrées (allaitement, soins au bébé, à la mère, etc.). Une consultante en lactation (IBCLC) ainsi que deux ostéo et massothérapeuthes étaient présentes également pour offrir leur expertise bénévolement.

12528585_10154786667877316_762675856_oUne fois toutes les deux semaines, une doula est présente aux rencontres pour femmes enceintes qu’organise l’équipe de MdM Canada, une nutritionniste du Dispensaire Diététique de Montréal est là en plus d’une infirmière, d’une intervenante sociale, d’un médecin et d’une maman qui a été épaulée par MdM Canada et une doula. Jusqu’à maintenant, l’équipe de MdM faisait appel à Montréal Birth Companions pour les doulas, mais cet organisme est depuis récemment très sollicité. Il faut donc élargir les sources et ressources afin que toutes les mamans qui le désirent puissent avoir une doula à leurs côtés ;-). Les doulas qui le souhaitent peuvent s’inscrire sur la liste des bénévoles de MdM Canada, signer le contrat en s’engageant à respecter le code d’éthique… si lorsqu’une accompagnante est appelée celle-ci ne peut finalement pas offrir de suivi, aucun reproche ne lui sera fait, chacune fait ce qu’elle peut en fonction de ses disponibilités, Rachel et Sarah ont bien insisté là-dessus. Pour le moment, elles se chargeront de créer des équipes de deux doulas afin d’avoir toujours une relève en cas d’impossibilité majeure le jourJ.

Cette cause, des femmes enceintes qui n’ont pas forcément un réseau social très développé, qui ne parlent peut-être aisément bien le français ou l’anglais, qui vivent parfois dans la peur, l’angoisse de ne pas voir aboutir favorablement leur démarche, etc., ces femmes, elles font toutes vibrer une corde dans mon coeur. J’ai moi-même immigré, j’ai habité au Japon et, la barrière de la langue je connais ça, j’ai attendu très impatiemment des nouvelles du facteur pour connaître la réponse du CIC quand j’avais fait ma demande de résidence permanente, et j’ai porté la vie… deux fois. Et chaque grossesse, parce qu’elle est unique, vient réveiller des peurs, des angoisses qui ont besoin d’être apaisées. Alors, heureuse Canadienne désormais et doula de surcroît, j’ai tout naturellement eu envie d’en savoir plus sur le rôle que je pouvais jouer de façon encore plus spécifique pour ces femmes qui attendent leur bébé, pour ces familles qui naissent ou s’agrandissent.

 

Je suis très touchée que 10 doulas aient pris le chemin du Centre Pleine lune lundi soir dernier pour, elles aussi, rencontrer Rachel et se porter bénévoles… la vague continue!

0

Médecins du monde et les femmes enceintes

Je suis très heureuse d’organiser une rencontre avec Médecins du Monde le 12 février 2016 prochain à Montréal. Cette rencontre est adressée aux doulas, IBCLC et autres intervenantes qui oeuvrent autour de la grossesse, l’accouchement et le postnatal. Des personnes du terrain nous présenterons la réalité de femmes enceintes réfugiées et/ou au statut très précaire au Québec et qui n’ont pas de couverture sociale. Leurs besoins sont grands et très spécifiques.

Lors de cette rencontre, les doulas qui le souhaitent pourront s’inscrire dans la banque des bénévoles de Médecins du Monde.

Pour plus d’informations, voici le lien vers la page Facebook de l’événement:

https://www.facebook.com/events/547204725443283/

Pour celles qui seraient intéressées à venir, envoyez-moi un courriel pour que je vous inscrive: aureliedoula (at) gmail (point) com

0

Accoucher … ou comment toucher sa plénitude

Cet article a été publié en novembre 2012 sur mon précédent site doulalaurentides.com

Il y a quelques semaines, j’écrivais un témoignage à mon accompagnante à la naissance, Isabelle Challut du centre Pleine lune, je vous le livre ici, en espérant que si vous êtes enceinte ou pensez l’être un jour, ceci vous inspirera.

Coucou Isabelle,

Depuis le temps que je le tourne et le retourne dans ma tête et sur papier, je savais bien qu’il finirait par sortir, alors… le voilà, mon « témoignage ». Après avoir commencé différentes versions et me perdant chaque fois dans des détails techniques qui me faisaient m’arrêter net… il m’aura fallu plusieurs longs mois pour en arriver à formuler ce en quoi accoucher a transformé ma vie. Je ne saurai jamais comment te remercier de m’avoir accompagnée tout au long de cette période si spéciale dans la vie d’une femme qui ne se compte ni en mois, ni en semaines, qui ne se compte pas, mais se conte, dans ces moments si précieux que sont les rencontres entre femmes. Ce que j’ai vécu n’aura plus jamais lieu : j’ai donné naissance à ma fille. Peut-être sera-t-elle ma fille aînée, mais, que j’aie encore mille enfants, jamais je ne revivrai la même chose, car tout a changé pour moi, je ne suis plus la même tout en étant moi-même. Accoucher est venu confirmer ce en quoi je croyais, ce que je touchais du bout des doigts pendant ma grossesse. Mon corps est mon allié, il SAIT des choses que je ne sais pas. Il a donné la vie à ma fille, née en pleine santé. Mon corps n’a pas tué cet enfant, ne nous a pas fait de mal ; bien au contraire, il nous a permis de nous rencontrer, elle et moi, et de me rencontrer moi-même dans cette matérialité physique qui est la mienne.

Enceinte, j’avais confiance qu’à l’heure dite mon utérus saurait quoi faire. Le sentir, le vivre, m’a propulsée dans une nouvelle dimension de mon être : ma tête ignore bien des choses que mon corps maîtrise et que mon cœur soupçonne et me chuchote à l’oreille. J’ai adoré accoucher, jamais je n’avais ressenti une telle intensité dans mon être, intensité qui a envahi mon esprit, je ne faisais plus qu’une, pour la première fois de ma vie. L’empreinte que ce moment (qui a duré une seconde et mille ans en même temps) a laissée en moi est à jamais présente, c’est mon phare dans la tempête et par temps calme, mon plus fidèle allié, la jonction entre l’avant et le maintenant qui je chéris chaque jour. La femme que je suis a touché à sa plénitude, son entièreté. Comme si, jusque-là, j’avais une face cachée, telle celle de la lune. Maintenant, je crois connaître tous les aspects de moi-même et ça m’apporte une confiance et une solidité que je n’avais jamais ressenties. Cette assurance nouvelle me permet d’être entièrement à l’écoute de mon intuition (féminine ou maternelle ou bien, est-ce la même ?!) ce qui m’apporte tout un panel de possible et m’ouvre à des horizons insoupçonnés. Tu as été là pendant l’événement « accouchement », la période grossesse, tu es là régulièrement auprès de moi, de nous, cette nouvelle et jeune famille. Ton écoute douce et tes conseils avisés sont sans pareil, merci à toi d’être notre accompagnante. Si tu veux un jour un récit d’accouchement d’un bébé par le siège, je te l’écrirai, mais, aujourd’hui, c’est plutôt ce qu’a fait résonner en moi le fait de mettre au monde la vie que j’avais envie de t’écrire et de partager.

Et vous, est-ce que porter un enfant, accoucher ou même adopter un enfant vous a transformée? J’aimerais bien vous lire mesdames 😉

A la prochaine

PS: la photo a été prise par une photographe, Isabelle Blais.

0

Mal de l’accouchement ou peur de la naissance?

Cet article a été publié en janvier 2013 sur mon précédent site doulalaurentides.com

cigogne-naissanceVaste sujet, n’est-ce pas. J’ai néanmoins envie de jaser de ce qui me tient à cœur en tant qu’accompagnante à la naissance.

Quand j’entends une maman enceinte qui a peur d’accoucher, qui redoute l’accouchement, ou encore qui ne veut pas accoucher, j’ai envie de lui suggérer de ne pas séparer « accouchement » de « naissance »; sa naissance à elle en tant que mère de cet enfant (qu’il soit le premier ou non) et la naissance, évidemment, de l’enfant. Il me semble que si l’on considère l’événement accouchement à la lumière de « la naissance », toute une dimension, souvent trop occultée, est à considérer.

L’idée n’est pas de nier que le travail peut être intense, mais bien d’insister sur ce qu’il se passe également du côté de la naissance (ce qui, et de loin, a un impact beaucoup plus large dans une vie de femme).

Pendant qu’elle accouche, une femme a besoin d’être entourée d’amour et de silence. Dans ce passage si fort de sa vie, le plus grand d’après moi, l’aspect physique a, certes, de l’importance, mais son pendant psychologique (la naissance comme début de quelque chose) ne doit être passé sous silence et, en aucun cas, ne peut être anesthésié par une épidurale.

Ce qui peut faire peur (et donc mal) à la femme qui est en train de laisser passer son bébé en elle, c’est toute la nouvelle réalité de sa vie, encore inconnue, mais qui est à deux doigts de changer à jamais:
C’est toute son histoire qui change, qui prend une nouvelle direction encore inconnue.
C’est sa lignée tout entière qui en est modifiée pour toujours.
C’est sa famille proche qui s’agrandit.
C’est son couple qui devient famille.
C’est son cœur qui s’enrichit de son amour de mère.
Ce sont ses tripes qui se préparent à protéger ce petit enfant.
C’est tout ce qu’elle a imaginé qui va être passé au rouleau compresseur de la réalité, de la vraie vie.

Ce sont tous ses doutes qui ressurgissent…

Et, oui, c’est aussi son bassin qui bouge et s’ouvre et c’est son bébé qui traverse un passage sinueux pour venir respirer avec nous.

Voilà pourquoi se préparer à la naissance me semble très important (d’un point de vue physique et psychique) et pourquoi s’entourer des personnes qui permettront à la mère de passer au travers de tout ce que j’ai énuméré plus haut pour donner la vie à son enfant, elle-même, est primordial.

Alors, choisissez votre doula et… que la naissance soit!

0

Parce qu’une doula n’a pas d’attente

Cet article a été publié en novembre 2012 sur mon précédent site doulalaurentides.com

Vaste sujet car, malgré mon titre, je doute qu’une doula n’ait aucune attente (il me semble qu’elle espère au moins que ses clients aient une expérience d’accouchement/ de naissance heureuse).

Vendredi dernier, j’expliquais à des doulas avec qui je suivais une formation sur l’AVAC qu’une chose avait été très importante lors de ma propre expérience d’accouchement accompagnée d’une doula: j’avais eu le sentiment, voire même la certitude (et ça m’avait un peu déstabilisée) que mon accompagnante n’avait aucune « préférence ». Je m’explique:

Lorsque, de retour chez moi après une version externe infructueuse pour essayer de faire tourner mon bébé, je décide qu’une césarienne non programmée me stresse moins qu’un éventuel accouchement par voie basse à Ste-Justine (à 1h30 de chez moi), je le pense sincèrement. J’appelle donc ma doula pour lui expliquer que, à 37 semaines, c’est trop de « et si » pour moi que de:

-contacter Se-Justine,

– attendre un rendez-vous pour poser toutes nos questions,

– ensuite, passer une pelvimétrie et faire évaluer le poids du bébé,

-attendre le verdict (à savoir si je peux accoucher d’un bébé en siège et ne pas devoir partir en césarienne d’office),

– et enfin (je n’ai toujours pas accouché là !) décider avec mon cœur et mon conjoint si on décide de « tenter notre chance » pour un accouchement par voie basse; car, dans ce contexte, on parle bien d’un « essai de travail ou EDT » et non d’un accouchement, tout simplement.

– Tout ceci alors que mon bébé n’est pas fixé, qu’il est encore haut et donc… qu’il peut se retourner, ou basculer et rester en transverse (ce qui exclu toute possibilité d’accouchement), ou encore qu’il peut décider de relever la tête et donc d’être en moins bonne position pour que l’on accepte que je fasse un « EDT ».

– Car, de toutes façons, lorsque l’on décide un EDT pour un bébé en siège, ce n’est QUE le jour de l’accouchement que l’on va savoir si l’on peut, oui ou non « tenter » d’accoucher vaginalement; en effet, on doit passer une écho de contrôle une fois arrivée à l’hôpital en travail pour vérifier la position du bébé.
Pour en revenir à notre sujet (je sais, c’est long tout ça, mais, c’est par cela qu’il faut passer quand on est en fin de grossesse à 37 semaines et qu’on veut se donner le choix), j’explique donc tout ça à mon accompagnante et lui dis que j’ai décidé (avec mon conjoint) d’attendre que mon travail commence et de me présenter à mon hôpital régional pour une césarienne.

Sur ce, elle acquiesce et c’est tout, elle ne me pousse pas, dans ces propos, à RE réfléchir. Elle m’écoute et est tout à fait d’accord avec moi (elle me dit qu’elle est d’accord avec moi, pas avec ma décision…nuance, hein?!) que tout ça c’est beaucoup de stress, d’incertitude (surtout quand ça fait plusieurs semaines déjà que tu espères que ton bébé va tourner, que tu as été voir l’ostéopathe, l’acuponcteur, que tu as mis les pieds en l’air des heures durant chaque jour, etc. pour RIEN). Donc, je raccroche et suis calme et sereine.

Le lendemain (ça va vite, hein, pour celles qui ont été enceintes, vous voyez de quoi je parle), tout a changé:

« Je ne veux pas qu’on m’ouvre le ventre, c’est hors de question.

Et ils me font c… avec leur ESSAI de travail; Comment ça je ne pourrai qu’essayer et ne pas réussir, hein?

Je VEUX accoucher et je sais que mon corps saura quoi faire. C’est décidé, j’appelle Ste-Justine. »

J’appelle ma doula et je lui dis ce qui précède. « Très bien », me dit-elle.

….et là, je ne comprends plus, comment ça hier elle était ok pour une césarienne et aujourd’hui elle trouve ça bien un accouchement à Ste-Justine ???
A ce moment, je comprends que ce n’est pas à la doula de « dicter » quoi faire aux parents, mais bien aux parents de décider et à l’accompagnante de les suivre dans leur choix. Elle peut les informer, répondre à leurs questions, alimenter leur réflexion, mais la décision leur appartient, quelle qu’elle soit (à elle de se débrouiller pour se rendre là où ils veulent aller, en pleine tempête de neige, s’il le faut!!).

Bien sûr que ce n’est pas elle qui va accoucher, que nous sommes libres de notre choix, etc. mais, là, concrètement, j’étais fragile et n’importe qui aurait pu faire basculer la balance dans le sens qui lui convenait; j’étais un peu « perdue », mais, grâce à cette ouverture et cette confiance en moi de ma doula, j’ai pu entendre cette timide petite voix en moi qui me soufflait à l’oreille: « T’es capable d’accoucher, détends-toi, fais ce qu’il faut pour te préparer au mieux, et vas-y ! »

Et alors là, c’est à ce moment-là que j’ai pris ma décision (toujours avec mon conjoint) et que plus rien n’aurait pu me faire reculer, pas même leur bon dieu d’essai de travail à la noix (expression que je n’ai d’ailleurs jamais utilisée, sauf dans cet article, j’ai toujours dit que j’allais accoucher).

Le rendez-vous a été pris à Ste-Justine une semaine plus tard, à 38 semaines, on a même pu passer l’écho et la pelvimétrie le jour même, le lendemain, on savait après l’appel du médecin que tout était ok, que j’étais une « candidate » parfaite.

Le jour de mes 39 semaines, au rendez-vous hebdomadaire, mon conjoint et moi posons toutes nos questions pour adapter notre plan de naissance en accord avec notre médecin et en lien avec les contraintes d’un accouchement d’un bébé en siège. On était prêts !!!

Trois jours plus tard, le travail démarrait et j’accouchais de ma fille sans épidurale, sans analgésique, au bloc opératoire, mais pas dans la douleur et, surtout, entourée de tout l’amour de mon homme et ma doula !

Pour finir sur ce rôle, cette place, si subtils de la doula auprès des couples: pendant que j’accouchais, au plus fort de cette expérience, j’ai pensé « Et si on me faisait une césarienne, là, maintenant, tout de suite, ce serait bien plus rapide … »
Mais, je ne l’ai pas dit car, en fait, je ne le voulais pas, c’était juste un échappatoire mental. Mais, c’est MOI qui ne le voulais pas; pas une seule seconde je n’ai pensé « Que va dire ou penser de moi ma doula si je demande une épidurale/ une césarienne, ou quoi que ce soit d’autre? »

Tout ça parce que tout au long de nos échanges pendant ma grossesse elle avait toujours fait avec ce que JE voulais, ce que JE pensais et n’avait jamais essayé de m’influencer. En cela, je la remercie du fond du cœur, cela fait en sorte, avec d’autres éléments, que j’ai le sentiment d’avoir pleinement accouché.

Crédit dessins:http://dessintraitdunion.net/dessineraujourlejour/?p=480

0

La doula, gardienne de l’instinct maternel

Cet article a été publié en avril 2012 sur mon précédent site doulalaurentides.com

Dans le cadre de la formation d’accompagnante à la naissance que j’ai suivie l’automne passé, à la suite des cours il est demandé à chacune de présenter un travail de recherche et également de faire un stage (un accompagnement supervisé par Isabelle Challut). Je n’ai pas encore pu faire de stage (étant en fin de grossesse et désormais bien occupée avec ma petite), mais j’avais présenté une synthèse de mes lectures et de tout ce que j’avais appris et compris concernant l’accompagnement et la place des doulas.Aujourd’hui, après avoir vécu mon propre accouchement et avoir vu mon accompagnante à l’œuvre, rien de majeur ne serait à changer, j’en ai simplement encore plus à dire;-)

Ainsi, je vais vous livrer par bribes le fruit cette réflexion- réflexion qui m’a permis de pouvoir mieux me définir lorsque je rencontrerai des couples à accompagner.

Pour moi, l’accompagnante à la naissance, ou doula, est la présence gardienne de l’instinct maternel. Grâce à elle, l’intuition, la confiance en soi de la future/nouvelle maman peuvent occuper la place qui leur revient et ainsi, assurer le meilleur terreau pour que les choses se déroulent pour le mieux.

Je vous livre ici la « préface » de mon travail de recherche, en vous souhaitant une bonne lecture!

 

Dans notre société dénaturée où le mental a toute la place et où le scientifiquement prouvé est gage de sécurité, de crédibilité et d’infaillibilité, peu ou pas de place est donnée à l’intuition, l’instinct, le je le sais, mais je ne sais pas pourquoi, ni comment.

À l’ère des spécialistes en tout et n’importe quoi, l’individu commence par avoir l’impression qu’il ne peut pas tout savoir (ce qui est juste), mais finit par penser qu’il ne sait rien puisqu’il n’a pas étudié tel ou tel sujet (prenons celui de la naissance, au hasard !).

Or, si l’humanité en est aujourd’hui là où elle en est, c’est bien que l’être humain a composé pendant longtemps avec le savoir empirique et en faisant confiance à son intuition.

J’ajouterai même qu’aujourd’hui avec toutes les connaissances que l’on a, notamment sur le rôle des hormones dans notre vie, on devrait justement redonner à la nature (notre chimie, dans le cas des hormones) sa juste place : celle d’un chef d’orchestre qui connaît quand même plutôt très, très bien sa partition.

Non pas que l’instinct soit « réductible » au rôle de nos hormones sur nos comportements, mais pour éviter de verser dans le discours magique, arrêtons-nous-en là pour ce présent travail.

J’ai aimé les nombreuses lectures faites ces derniers mois parce qu’elles m’ont plongée dans l’univers de la naissance physiologique. Je veux dire par là (l’expressionnaissance physiologique est de Michel Odent) la naissance vécue comme un événement extraordinaire et très ordinaire à la fois, un espace-temps où le mental décroche pour permettre à la nature d’occuper le terrain, son terrain – celui de la vie, pour permettre à l’unique, à l’exceptionnel d’arriver, dans toute son universalité. En effet, aucun accouchement ne se ressemble, mais la naissance a quelque chose d’universel en soi.

Que l’on se penche sur le cocktail d’hormones sécrétées pendant l’accouchement (jusqu’à l’expulsion du placenta) et l’allaitement, ou bien sur les besoins de la femme qui accouche, sur ceux du nouveau-né et du bébé, il apparaît évident que les discours ambiants et les gestes préconisés dans notre société industrialisée vont, pour la plupart, à l’encontre de ces besoins, voire empêchent des processus millénaires d’avoir lieu. Faut-il préciser que ces processus concernent la survie de l’espèce humaine ?

Et alors, c’est là qu’arrive l’accompagnante à la naissance, ou doula, et le rôle important qu’elle a à jouer, selon moi, dans ce paysage des naissances industrialisées, instrumentalisées. Je ne parlerai pas des maisons de naissances où exercent les sages-femmes au Québec, je m’en tiendrai au contexte hospitalier. De même, je suis consciente que certaines naissances (et donc des familles) profitent des avancées technologiques médicales et ne finissent pas en drame, mais je parlerai ici des grossesses dites « normales ».

0

Du lâcher prise bénéfique

Cet article a été publié en mars 2012 sur mon précédent site doulalaurentides.com

La notion de lâcher-prise est très importante dans la vie, mais, d’autant plus dans la période périnatale, je l’ai vécu durant différents moments de ma grossesse, de mon accouchement et même dès la naissance de ma fille. Voici un de ces moments:

Mon bébé ne tournait décidément pas, j’ai donc décidé de lâcher prise entre la 37e et la 38e semaine et ai accepté de regarder mes options en face:

– une césarienne dans mon hôpital local

– une rencontre avec un gynéco-obstétricien de l’hôpital Ste-Justine à Montréal, pour évaluer mes chances de pouvoir accoucher par voie basse.

J’ai opté, avec mon conjoint, pour une rencontre à Ste-Justine. En y allant, on se disait que ce n’était que pour prendre de l’information… en fait, conquis par l’attitude et le discours de la résidente et du médecin, on décidait le jour même de faire la pelvimétrie et l’échographie pour évaluer le poids du bébé.

Le lendemain, coup de fil de la médecin: je suis une candidate idéale pour un siège par voie basse: Youpi!!!!

Je tiens à préciser que la veille, j’avais envoyé un message à Isabelle Brabant, qui a écrit l’excellent livre « Une naissance heureuse », pour lui demander si tenter un accouchement vaginal dans mon cas était un caprice de ma part (je ne voulais pas de césarienne- surtout si autre chose était possible) et que je mettais mon bébé en danger, ou bien si j’avais raison de me diriger dans cette voie-là. Sa réponse, encourageante et déculpabilisante m’avait vraiment mis du baume au cœur et nous avait mis en bonne condition, mon chum et moi, pour la rencontre à Ste-Justine.

Comme quoi, du moment où j’ai décidé de lâcher prise et d’aller avec la situation qui se présentait (le siège) des solutions s’offraient à moi; avant ça, j’allais de déception en déception (version externe ratée, ostéo, acupuncture, etc.) et mes nerfs voulaient me lâcher!!

J’avais lu et relu un document très intéressant et instructif de la société des obstétriciens et gynécologues du Canada sur les dernières recommandations concernant les accouchements de bébés en siège.

Je vous raconterai dans un autre billet comment ce document m’a aidée pendant mon accouchement.